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Turquie

L’année 2009 a été marquée par une forte chute de l’activité. Le PIB a ainsi chuté de 13, 9% au premier trimestre, soit la plus forte baisse trimestrielle enregistrée par le pays depuis la seconde guerre mondiale, et de 6% sur l’ensemble de l’année 2009. Mais ces résultats doivent être relativisés à plusieurs titres :

La récession a eu des effets collatéraux positifs sur deux points traditionnellement faibles de l’économie turque : d’une part, l’inflation a été inférieure en 2009 à la cible officielle fixée par la Banque centrale, 7,5%. En effet, l’indice des prix à la consommation s’est établi à 6,5% à fin décembre 2009 ; d’autre part, le solde négatif de la balance des transactions courantes aurait baissé de 42 Mds USD en 2008 (5,7% du PIB) à 11 Mds USD en 2009, soit 1,8% du PIB en raison d’une contraction substantielle du déficit de la balance commerciale.

Le secteur bancaire turc a été épargné par la crise financière, grâce à un assainissement du secteur après la crise de 2001, les faibles activités de gestion des produits dérivés, et une sur liquidité.

La Turquie a bénéficié d’un relèvement du rating souverain par deux des trois plus grandes agences de notation internationales, ainsi que d’un emprunt de 2 Mds USD à trente ans lancé par le Trésor turc, en l’absence de tout accord avec le FMI.

Ainsi, le gouvernement anticipe déjà un retour de la croissance à hauteur d’environ 3,5% en 2010 et de respectivement 4 et 5% pour les deux années suivantes.

Cependant, l’amélioration du contexte macroéconomique doit être considéré avec prudence pour plusieurs raisons :

Malgré ses efforts pour renforcer ses relations commerciales avec les pays du Proche et Moyen Orient, la Turquie demeure dépendante des pays de l’Union européenne qui représentaient près de la moitié des exportations turques.

L’économie turque pourrait être affectée d’un choc de second tour de la crise internationale.

La situation des finances publiques s’est déteriorée (un déficit budgétaire estimé à 6,6% du PIB contre 1% prévu par la loi de finances initiale pour 2009) sans que le gouvernement ait suffisamment précisé son plan de réduction du déficit budgétaire.

Les perspectives électorales (législatives en 2011 et présidentielles en 2012) pourraient reporter à une date ultérieure les réformes structurelles nécessaires.